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Lauryl sulfate de sodium

Sodium Lauryl Sulfate (SLS) : rôle nettoyant, intérêt et précautions

Le sodium lauryl sulfate (INCI : Sodium Lauryl Sulfate, ou SLS) est un tensioactif anionique très répandu, qui fait mousser et nettoie de nombreux produits d'hygiène. Origine, fabrication, usages réputés et cadre réglementaire UE/FR — avec le point sur son potentiel irritant, bien documenté, et sur la rumeur « cancérigène » écartée par les évaluations scientifiques.

Lou
Rédaction Lou

Qu'est-ce que c'est ?

Le sodium lauryl sulfate, souvent abrégé SLS, est un tensioactif (agent de surface) utilisé dans de très nombreux produits d'hygiène : gels douche, shampooings, nettoyants visage, dentifrices, savons liquides. Son rôle est de faire mousser et de décrocher les corps gras et les salissures pour qu'ils partent au rinçage. Sur une liste d'ingrédients (INCI), il apparaît sous le nom Sodium Lauryl Sulfate.

Histoire & origine

Les tensioactifs sulfatés comme le SLS font partie des agents nettoyants les plus étudiés et les plus anciennement utilisés de la cosmétique et de la détergence. Leur efficacité moussante et leur faible coût de production en ont fait, pendant des décennies, des ingrédients de référence pour formuler des produits lavants. Le SLS reste aujourd'hui une base très courante des produits rincés, même si certaines marques lui préfèrent désormais des tensioactifs réputés plus doux (tensioactifs dits « non-sulfatés », ou tensioactifs amphotères et non-ioniques) pour des formules présentées comme plus respectueuses des peaux sensibles. Il ne faut pas le confondre avec le sodium laureth sulfate (SLES), un proche parent éthoxylé, réputé plus doux, qui répond à d'autres enjeux.

Comment on l'obtient

Le SLS est un ingrédient fabriqué par synthèse, à partir d'une matière première qui peut être d'origine végétale (alcool laurique issu de l'huile de coco ou de palmiste) ou pétrochimique. Le procédé part de l'alcool laurique (un alcool gras à douze atomes de carbone, le dodécanol) ; cet alcool est sulfaté (greffe d'un groupe sulfate, classiquement à l'aide de trioxyde de soufre ou d'acide sulfurique), puis neutralisé par de la soude, ce qui donne le sel de sodium final. Le résultat est une poudre ou une pâte blanchâtre très soluble dans l'eau. Même lorsque la matière première est végétale, l'ingrédient obtenu reste une molécule de synthèse purifiée : « origine végétale » ne signifie pas « extrait de plante », mais désigne ici la source du carbone de départ.

Propriétés et usages réputés

En cosmétique, le SLS est réputé pour son fort pouvoir moussant et nettoyant. Comme tout tensioactif, sa molécule possède une partie qui aime l'eau et une partie qui aime les graisses : c'est ce qui lui permet d'émulsionner le sébum et les salissures pour les entraîner au rinçage, tout en générant une mousse abondante très associée, dans l'esprit du grand public, à la sensation de « propre ». On le retrouve donc surtout dans des produits rincés (shampooings, gels douche, nettoyants, dentifrices), où il est fréquemment associé à des tensioactifs plus doux (cocamidopropyl bétaïne, tensioactifs non-ioniques) afin d'adoucir la formule et de réduire son potentiel irritant. C'est un rôle technique au service de la formule : ce n'est pas un actif destiné à transformer la peau.

Précautions et cadre réglementaire

Dans l'Union européenne, le sodium lauryl sulfate est un ingrédient cosmétique autorisé. Il n'est pas interdit (annexe II) et ne fait pas l'objet d'une restriction spécifique au titre des annexes du Règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques : il est employé pour ses fonctions de tensioactif, d'agent nettoyant et d'agent moussant, dans le cadre général de ce règlement qui impose à chaque produit fini une évaluation de la sécurité avant mise sur le marché.

La principale précaution associée au SLS est son potentiel irritant pour la peau, bien documenté et dépendant de la concentration : le SLS est d'ailleurs si reproductible dans cet effet qu'il est utilisé en dermatologie comme irritant de référence dans les tests épicutanés (patch tests), pour calibrer la réactivité de la peau. Selon la revue d'experts américaine Cosmetic Ingredient Review (CIR), rapportée par l'American Cleaning Institute, le SLS est considéré comme sûr dans les conditions d'usage des cosmétiques, l'irritation observée augmentant avec la concentration et s'apparentant à celle d'autres détergents. Cette irritation potentielle explique l'intérêt de respecter les consignes d'emploi (produit rincé, contact bref) et la préférence, pour les peaux réactives, de formules à plus faible teneur ou à base de tensioactifs plus doux.

Une rumeur ancienne associant les sulfates à un risque de cancer circule depuis les années 1990 : elle a été écartée par les évaluations successives — le SLS n'est classé comme cancérogène ni par le CIRC/IARC, ni par le programme américain NTP, ni au niveau de l'Union européenne. Comme tout ingrédient lavant, le SLS peut néanmoins provoquer, chez certaines personnes, une sécheresse ou une irritation cutanée. En cas de peau réactive, de dermatose, ou pour un produit destiné à un nourrisson, une femme enceinte ou une personne fragile, le mieux est de demander conseil à un professionnel de santé (pharmacien, médecin, dermatologue) et de lire attentivement l'étiquetage.

Pour aller plus loin (encart technique)

Nom INCI : Sodium Lauryl Sulfate — n° CAS 151-21-3 — n° EC 205-788-1. Synonyme scientifique : sodium dodécyl sulfate (SDS), de formule C₁₂H₂₅NaO₄S. Il s'agit d'un tensioactif anionique de la famille des alkyl sulfates, c'est-à-dire un sel de sodium d'un ester sulfaté d'alcool gras à chaîne en C12. Son caractère anionique et sa chaîne courte lui confèrent un pouvoir détergent et moussant élevé, mais aussi une aptitude réputée à interagir avec les protéines et les lipides de la couche cornée — mécanisme avancé pour expliquer son effet irritant et délipidant à concentration suffisante.

Sur le plan clinique, le SLS a été ajouté il y a une vingtaine d'années à la batterie standard des patch tests comme témoin d'irritation, sur la base des recommandations du groupe allemand DKG. Une analyse portant sur plus de 43 000 patients a rapporté qu'environ 22 % réagissaient positivement au SLS, le plus souvent par un simple érythème faible, les réactions plus marquées étant associées au sexe masculin, à l'âge ≥ 40 ans et aux dermatites professionnelles ou des mains (Forkel et al., Contact Dermatitis, 2025). Sa valeur diagnostique reste discutée : utile pour repérer une peau « irritable » dans certains contextes, le SLS n'est pas considéré comme un marqueur universel. Des travaux plus anciens ont par ailleurs établi des profils dose-réponse comparant le SLS à d'autres détergents (SLES, alkyl polyglucosides), confirmant que le potentiel irritant varie nettement d'un tensioactif à l'autre. Ces éléments sont rapportés à titre factuel et attribué ; ils ne constituent pas un avis médical.

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Ces informations sont rapportées à titre factuel et attribué (autorités et publications citées). Elles ne constituent pas un avis médical — pour ta situation, demande conseil à un pharmacien ou un professionnel de santé.

Sources

  1. Sodium Lauryl Sulfate (SLS) — Safety & CIR conclusions American Cleaning Institute (ACI)
  2. Strengths and Limitations of Sodium Lauryl Sulfate as an Irritant Control in Patch Testing (Forkel et al., 2025) Contact Dermatitis / PubMed (NCBI)
  3. Profile of irritant patch testing with detergents: sodium lauryl sulfate, sodium laureth sulfate and alkyl polyglucoside (Löffler, 2003) Contact Dermatitis — Wiley Online Library
  4. Règlement (CE) n° 1223/2009 du Parlement européen et du Conseil relatif aux produits cosmétiques EUR-Lex — Commission européenne
  5. Exploring EU regulations: SLS in cosmetics CosmeticsDesign-Europe

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